Leroux Lucien : Etude de l'aldéhyde formique

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Site créé le 24 octobre 2004 Modifié le 13 février 2006
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Thèse (mention : science naturelle)
présentée à la Faculté des sciences de l'Université de Paris
pour obtenir le grade de Docteur de l'Université

par



Lucien Leroux

Contribution à l'étude de l'aldéhyde formique



soutenue le 23 décembre 1937

devant la commission d'examen :
Javillier, M., président
Guichard, M., Plantefol, examinateurs



INTRODUCTION


Peu de questions sont aussi discutées au point de vue de la valeur des techniques et des résultats que la recherche et le dosage de petites quantités d'aldéhyde formique.


Ce corps présente, on le sait, non seulement un grand intérêt industriel et thérapeutique, mais encore un immense intérêt biologique.


Son dosage sûr est d'une nécessité absolue pour son étude. La pratique journalière d'une méthode très sensible et très précise, découverte par notre Maître, M. le Pr Richard Fosse, et deux de ses collaborateurs, P.-E. Thomas et P. de Graeve, et basée sur l'emploi du b-naphtol, nous a incité à entreprendre ce travail.


Avec ce moyen nouveau, nous nous sommes proposé d'étudier la question de l'aldéhyde formique dans trois domaines où la détermination incontestable de très petites quantités de ce corps revêt la plus grande importance : en physiologie végétale, en chimie alimentaire, en hygiène.


Notre mémoire est divisé en quatre parties.


Dans la première, nous examinerons les techniques utilisées jusqu'à présent pour la recherche et le dosage de l'aldéhyde formique afin de juger les résultats acquis et de fixer la valeur de ceux que nous présentons.


Dans la seconde partie, nous étudierons la question discutée depuis plus d'un demi-siècle de l'existence de l'aldéhyde formique dans les feuilles vertes. Question d'un intérêt puissant, car de sa solution dépend la certitude de nos connaissances sur l'assimilation chlorophyllienne.


Dans la troisième partie, nous rechercherons dans quelles conditions la réaction d'identification et de dosage de l'aldéhyde formique peut être appliquée a l'analyse des conserves alimentaires : qu'il s'agisse de l'expertise de produits auxquels ce corps aurait été ajouté frauduleusement, ou qu'il s'agisse d'étudier les phénomènes chimiques que déclenche la conservation.


Enfin, dans la quatrième partie, nous examinerons l'aide que peut apporter cette technique analytique dans l'étude de l'atmosphère.

CONCLUSIONS


Les procédés de recherche et de dosage de l'aldéhyde formique connus actuellement mettent en œuvre des réactions de coloration, des réactions de précipitation avec ou sans élimination d'eau, des réactions d'oxydation. La plupart manquent de spécificité et de sensibilité ou sont d'une exécution délicate dans leur application au dosage de faibles quantités de formol.


Le procédé très sensible de Fosse, de Graeve et Thomas, basé sur la condensation de l'aldéhyde formique avec le b-naphtol et l'obtention d'un composé facilement caractérisable, le dinaphtolméthane, nous a permis d'examiner la question de l'aldéhyde formique dans trois domaines où le dosage de ce corps en faibles proportions revêt une grande importance. Nos résultats peuvent être résumés de la manière suivante.


Physiologie végétale.

1.L'aldéhyde formique, s'il était présent dans les feuilles vertes, à la dose de 1 milligramme par kilogramme, pourrait être identifié et dosé exactement au moyen du b-naphtol.


2. L'étude systématique des parties vertes de soixante-quatre plantes au moyen de réactif de Schryver considéré comme spécifique du formol a permis d'observer une réaction positive dans vingt-trois cas. Mais la recherche plus sûre effectuée au moyen du b-naphtol permet d'affirmer qu'en aucun de ces cas, cette réaction ne peut être attribuée à la présence de l'aldéhyde formique.


Chimie alimentaire.


1. Outre les raisons signalées plus haut, les difficultés de la recherche et du dosage de l'aldéhyde formique dans les conserves alimentaires tiennent à l'insolubilité des combinaisons albuminoïdes avec l'aldéhyde formique, combinaisons que la distillation ne parvient pas à dissocier, et aux phénomènes de désamination dont peuvent être l'objet les conserves, soit pendant leur stockage, soit pendant la distillation à laquelle on les soumet pour rechercher l'aldéhyde formique.


2. Nous établissons que les acides aminés n'ont aucune influence sur le dosage de l'aldéhyde formique par le b-naphtol et nous proposons une nouvelle méthode de dosage basée sur l'emploi d'un extrait chlorhydrique-chlorure de sodium


3. Appliquant cette dernière méthode, l'examen de quelques produits fumés montre que la quantité d'aldéhyde y varie entre 0,06 et 0,8 milligrammes pour 100 gr. de substance.


Hygiène.


1. La méthode au b-naphtol permet de doser exactement l'aldéhyde formique contenu dans l'atmosphère.

Appliquée à l'étude de l'atmosphère parisienne, elle a permis d'y déceler le formol à la dose de 0,1 à 7,3 milligrammes dans 100 mètres cubes d'air.


Dans l'eau de pluie, à Paris, la quantité d'aldéhyde formique est de l'ordre de 0,02 milligramme par litre.


3. Cette méthode peut servir au contrôle chimique de la désinfection. Elle permet d'étudier le mode de diffusion des vapeurs toxiques et peut à ce titre rendre des services en hygiène industrielle.



 

MOTS CLEFS : acide / albuminoïde / aldéhyde / alimentaire / analyse / chimie / chlorhydrique / chlorophyllienne / chlorure / coloration / combinaison / condensation / condition / conservation / conserve / désamination / désinfection / dinaphtolméthane / distillation / dosage / eau / élimination / étude / expertise / feuille / formique / formol / fosse / graeve / hygiène / méthode / naphtol / phénomène / physiologie / plante / pluie / réaction / recherche / résultat / sodium / stockage / technique / thérapeutique / thomas / végétale



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