Etchecopar : Notice sur les titres et travaux

Documents disponibles au laboratoire de chimie du Muséum National d’Histoire Naturelle,

63 rue Buffon 75005 Paris

Plus d'information! Page de couverture


Notice sommaire sur les titres et travaux

 

de

 

R.-D. Etchecopar

Directeur du Centre de Recherches sur les Migrations des Mammifères et des Oiseaux

 

 

INTRODUCTION

Issu d'une famille de juristes, tout semblait m'inciter à prendra la charge de notaire qui, pendant 70 années consécutives, resta aux nains de non grand-père puis de non père.

 

Toutes mes études furent dirigées dans ce but malgré une préférence manifeste pour les sciences (j'obtenais régulièrement les prix d’histoire naturelle, je fus présenté au concours général de mathématiques de première, et tins par goût à préparer en seconde partie, le baccalauréat de mathématiques élémentaires en mène temps que celui de philosophie, jugé indispensable à ma future carrière).

 

Pendant mes premières années de droit, je préparai à l'école des Sciences Politiques, le concours des Affaires Etrangères. Les circonstances familiales me dissuadèrent de poursuivre dans cette voie.

 

Alors que je préparais mes 2 certificats de doctorat, je fis deux stages, l'un en banque, l'autre au Palais.

 

ACTIVITES JURIDIQUES ET ADMINISTRATIVES

Ma thèse passée, j'accomplis à Paris mon stage notarial théoriquement de 4 ans (pour un diplômé en droit) mais en fait, beaucoup plus long.

 

En 1939, je fus affecté comme Officier de liaison auprès de l'Etat Major de la 12ème division britannique. Lorsque je fus démobilisé, mon père me fit part de son désir de conserver l'étude.

 

Je décidai alors de rentrer dans un comité d'organisation où je débutai comme Secrétaire du Président. Deux années plus tard, j'étais nomme Directeur administratif avec un personnel d'une quarantaine de personnes.

 

L'un de mes rôles principaux était de maintenir des liaisons avec tous les ministères intéressés.

 

Après la dissolution de ces organismes en I944, je fus pris comme Directeur administratif aux Brasseries de la Meuse qui m'avait connu au dit Comité et dont elles étaient l'un des ressortissants.

 

En dehors du travail administratif normal, j'y organisais tout le Service social pour un personnel de bureau d'une centaine de personnes et une usine de plus de 300 ouvriers.

 

De plus, mes connaissances en Anglais me firent attribuer, pour les traiter directement, les relations commerciales avec l'armée américaine dont nous étions les fournisseurs. Enfin, j'eus l'occasion de me rendre plusieurs fois à l'étranger pour conclure divers marchés.

 

Quelques années plus tard, j'appris que le Conseil Supérieur de la Chasse recherchait un Directeur administratif dont l'une des activités prévues devait être d'organiser et de créer des réserves cynégétiques : cet aspect de la fonction me tenta particulièrement.

 

Quoique n'étant pas chasseur, le poste me fut confié et j'y suis demeuré jusqu'à mon affectation au Centre de Recherches sur les Migrations des Mammifères et des Oiseaux en mai 1954.

 

ACTIVITES ORNITHOLOGIQUES

Parallèlement à cette activité professionnelle obligatoire, je me suis toujours occupé par goût, de sciences naturelles.

 

Parti dès l'âge de 8 ans en Angleterre pour y passer quelques semaines afin d'y apprendre la langue, la guerre de I9I4-I9I8 m'empêcha de revenir en France et je passai près de 3 ans dans le Worcesteshire ce qui ne permit d'apprendre l'anglais comme une langue maternelle.

 

J'eus la chance de passer ces 3 années dans la belle demeure de campagne d'un colonel de l'armée des Indes, lequel, comme beaucoup de ses collègues, était féru d'histoire naturelle et plus spécialement d'ornithologie. C'est lui qui, le premier, m'ouvrit les yeux sur la nature. C'est lui aussi qui m'inculqua les premiers rudiments d'ornithologie. Il entretint facilement mes penchants de naturaliste en me lèguant à sa mort une très importante collection oologique qu'il avait recueillie lui-même aux Indes. Son frère quelques années plus tard, me légua sa collection d'Australie.

 

Tout ceci me liait à l'étude des oiseaux.

 

Toutefois, ce fut un hasard qui en 1934 me donna l'occasion de pénétrer pour la première fois au Muséum.

 

On m'avait demandé, dans une succession, d'expertiser une collection ornithologique et je tins à m'entourer de toutes les garanties nécessaires.

 

L'accueil que je craignais devoir être réservé et quelque peu condescendant fut à ce point différent de mes prévisions que je devins très rapidement l'un des hôtes assidus du laboratoire, ce qui me permit de me familiariser, toujours sous la direction de M. Berlioz, avec la systématique ornithologique pendant toutes les années qui précédèrent la guerre.

 

En outre, j'utilisais mes loisirs à mieux connaître l'oiseau dans la nature et commençais une série de voyages : en Camargue puis à l'étranger : "Lake district" en Angleterre, (région particulièrement riche en oiseaux de marais), le Parc national de l'Engadine, en Suisse (afin de connaître l'organisation et le fonctionnement de la station écologique). Lac Balafon en Hongrie, (recherches sur les biotopes de reproduction de Sylvia melanopogon) etc.

 

Après 1940, la déception que j’éprouvai à ne pas prendre immédiatement la situation sur laquelle je comptais fut partiellement compensée par le fait que j'eus beaucoup plus de liberté que je n'en aurais eu autrement ce qui me permit d'accentuer mon activité en ornithologie.

 

Trésorier de la Société Ornithologique de France en 1941, mes collègues m'élurent Secrétaire Général en I944.

 

Entre temps, j'avais été nommé : Attaché au Muséum au titre de la Chaire de Zoologie des Mammifères et des Oiseaux.

 

Je commençai à publier certains travaux et à collaborer activement avec non naître le Professeur Berlioz tant pour le classement des collections de la Chaire que pour la rédaction de "L'Oiseau et la Revue Française d'Ornithologie" et plus tard, de "L'Iconographie des Oiseaux de France".

 

En même temps, je prenais en charge la rédaction du "Bulletin de la Société Ornithologique de France".

 

Dès que la guerre fut terminée, je repris ma série de voyages ornithologiques et ne rendais successivement dans les Highlands d'Ecosse, (étude pour une tentative d'acclimatation de Grouses en France), les Marismas du Guadalquivir, (étude des populations de Canards sédentaires et migrateurs), en Laponie, (pour me familiariser avec la faune de zone aride froide), au Sahara (étude de la zone aride sèche : Sud Tunisien (1953) Sud Marocain (1954)).

 

Je prenais part à de nombreuses manifestations internationales et notamment au Congrès d'Ornithologie tenu à Upsala en 1950 où je fus élu Membre du Comité International d'Ornithologie puis au Congrès de Bâle en 1954, où je devins Membre du Comité exécutif permanent.

 

TRAVAUX.

Convaincu par la nécessité d'attribuer une importance croissante aux données biologiques dans la systématique moderne - "Réflexion sur l'utilité de l'observation in natura" - j'étudiai plus particulièrement les éléments nouveaux que pouvaient apporter la biologie du comportement de reproduction et l'oologie à la classification actuellement admise : d'abord aux échelons supérieurs - "Polymorphisme des oeufs d'oiseaux" - puis à l'échelon spécifique - "Contribution oologique à l'étude du genre Turdus", "Données oologiques sur l'avifaune de Terre Adélie" –

 

Par ailleurs, je m'attachai à élucider certains problèmes relatifs à la biologie du parasitisme notamment en ce qui concerne l'espèce indo-européenne Cuculus canorus ; « Le Parasitisme et l'Oologie" ; "Considération sur le dernier ouvrage de Stuart Baker" ; etc.

 

Enfin, je portai une attention particulière aux oiseaux de la zone aride et rassemblai une documentation personnelle dans le but d'écrire un ouvrage d'identification in natura (inspiré par les techniques modernes) sur l'avifaune de l'Afrique paléarctique - "An ornithologist's visit to Spain" ; "Notes prises au cours d'un voyage en Tunisie" - Cet ouvrage en cours de rédaction a déjà été accepté par une maison d'édition anglaise pour en faire trois versions, l'une anglaise, l'autre allemande, la troisième française.

 

ACTIVITES DANS LA "PROTECTION"

Ma spécialisation en Ornithologie ne devait pas me faire oublier la protection de la nature.

 

Dès 1946 je tins à me rendre à la Conférence de Bâle (je devais y être le seul représentant français) où furent élaborés les principes de base de ce qui devait devenir 2 ans plus tard : l'Union Internationale pour la Protection de la Nature (U.I.P.N.).

 

En 1947, j'étais délégué par divers associations françaises à la Conférence de Brunnon (Suisse) dont le but était de faire accepter par toutes les puissances, les principes mis en avant par la Conférence de Bâle.

 

En 1948, J'assistai à l'importante conférence de Fontainebleau (dont j'acceptai la trésorerie) d'où naquit l'U.I.P.N.

 

 Dans les années qui suivirent, je fus de nombreuses fois délégué à d'autres réunions : conférence de la section européenne du C.I.P.O. à Londres en 1947 ; conférence de Paris en 1948 (qui devait mettre sur pied le texte proposé en remplacement de la convention de 1902 et actuellement en cours de ratification) ; voyage en Hollande pour l'étude des "Duck decoys" 1949. Conférence d'Upsala pour la protection des oiseaux (1950) etc.

 

Seule une absence prolongée hors de France m'empêcha d'assister à la Conférence de la Haye en 1952. De même il fallut la mort de mon père quatre jours avant pour me tenir éloigné de la dernière réunion de la section européenne du Comité International pour la Protection des Oiseaux qui se tint à Scanf (Suisse) en Juin 1954, où je devais représenter la Société Ornithologique de France, la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux et la Société Nationale d'Acclimatation.

 

ACTIVITES AU CENTRE DE RECHERCHES SUR LES MIGRATIONS

Au début de I954, d'accord avec le Centre National de la Recherche Scientifique et le Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, le Conseil Supérieur de la Chasse décidait de prendre part à la réorganisation du Centre de Recherches sur les Migrations des Mammifères et des Oiseaux, d'abord en l'aidant financièrement, ensuite en me demandant d'en prendre la direction, ce que je fis le 1er Mai dernier.

 

Dès le premier conseil d'administration, je présentai le programme suivant pour les trois premières années de fonctionnement et qui fut adopté à l'unanimité.

 

PROGRAMME ADMINISTRATIF

a) réorganisation à Paris de la documentation et des moyens de recherches d'après les techniques modernes (fiches à broche etc.) afin de diminuer au maximum les possibilités d'erreurs et d'obtenir un classement permettant une consultation rapide et complète en partant de sujets variés (espèces, âges, sexes, lieux de reprise et de baguage etc.).

 

Cette première partie du programme est actuellement presque réalisée.

 

b) mise sur pied d'un système permettant de vérifier la qualité du travail des bagueurs par la création d'équipes modèles d'éducation et de contrôle. Cette seconde partie du programme est en cours de réalisation et devrait recevoir son premier effet en mai prochain.

 

c) organisation du baguage en France et en Union Française par la création de centres régionaux d'éducation des bagueurs et d'exécution (pose des bagues et reprises) cette partie du programme devant faire l'objet principal de notre troisième année d'activité. Elle pourra cependant être abordée dès octobre prochain.

 

PROGRAMME SCIENTIFIQUE.

a) en accord et en liaison avec la Chaire de physiologie du Muséum, étude des populations d'Ardeidés en France ; migrations, physiologie dynamique des groupements, effets sur les faunes dulcaquicoles et plus spécialement ichtyologiques (incidence économique sur l'élevage des alvins).

Les premières opérations sont en cours.

 

b) en accord avec le Conseil Supérieur de la Chasse : étude des migrations des colombidés dans le Sud-Ouest afin de mieux connaître le déterminisme des dates de passage et les facteurs agissant sur le dessin des voies migratoires et le nombre des individus qui les empruntent. Recherches des lieux d'hivernage et de nidification des oiseaux qui suivent cette voie.

 

c) étude des migrations en Méditerranée Occidentale ; vaste programme qui devra s'étaler sur de nombreuses années car il implique la création de centres d'observation à Banyuls, en Camargue, en Corse, en Tunisie et à Oran.

Trois de ces centres sont actuellement en cours d'édification.

 

Les résultats préliminaires permettront de désigner les espèces au sujet desquelles la recherche devra être plus systématique-ment poursuivie afin de déterminer les principales voies Nord-Sud et Est-Ouest (oiseaux marins) et dont le réseau sera susceptible de fournir les données qui permettront de répondre aux questions suivantes :

- Existe-t-il des chenaux privilégiés ?

- Peut-on parler d'une faune avienne proprement méditerranéenne ?

- Existe-t-il une zone de balance entre les faunes orientales et occidentales et en ce cas, où doit-on situer celle-ci ?

- Quelles populations (orientales ou occidentales) empruntent la voie terrestre - Péninsule italienne-Cap Bon.

 

CONCLUSION

1°) La Protection de la Nature doit être basée sur des données écologiques si elle veut que ses décisions soient durables et fructueuses.

2°) La Protection de la Nature ne doit pas être un simple organisme conservatoire. Son but est de maintenir les équilibres sans s'opposer à l'évolution naturelle.

3°) Elle devra dans chaque cas faire état des données senti-mentales, économiques et scientifiques, notamment pour la création des Réserves.

4°) La propagande devra mettre l'accent sur le rôle économique utilitaire de la Protection de la Nature afin de se rallier l'opinion qui ne voit souvent que le côté sentimental mis en avant au siècle dernier.

5°) L'ampleur des connaissances exigées pour résoudre les problèmes qui lui seront posés obligera la nouvelle chaire à s'appuyer sur toutes les autres chaires du Muséum non seulement pour les études scientifiques et techniques préalables mais aussi pour l'application des solutions qui seront apportées.

6°) Le rôle principal de la nouvelle chaire sera de faire la synthèse des travaux spécialisés, d'en tirer les conclusions, puis d'organiser la mise en application des résultats ainsi obtenus par tous les moyens qui lui seront donnés : Textes législatifs, accords d'intérêts, propagande, création de réseau exécutif etc.

7°) Elle aura aussi un rôle secondaire celui de centre de documentation et de conseiller technique.

8°) La Protection de la Nature en France devra faire face à des problèmes parfois délicats mais de peu d'envergure ; elle a par contre une tache immense à remplir en Union Française où les problèmes ont une importance d'autant plus grande qu'ils réclament une solution urgente si l'on ne veut pas voir s'évanouir certaines sources de richesses ou certains témoins d'un monde en voie de transformation.

 

 

 

Mots clefs : acclimatation, activité, aride, avifaune, baguage, bâle, biologie, chasse, classement, collection, écologique, économique, éducation, étude, faune, mammifère, migration, muséum, nature, observation, oiseau, oologie, ornithologie, parasitisme, physiologie, populations, protection, recherche, reproduction, science, technique, travail, etchecopar






visiteurs