Hua : Titres et travaux scientifiques
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Exposé des titres et travaux scientifiques

 

de

 

Henri Hua

Sous-Directeur à l'Ecole pratique des hautes études au Muséum

 

 

M. HUA, Marie-Théodore-Henri, est né à Paris le 25 octobre 1861, dans un milieu de fonctionnaires de l'ordre judiciaire qui ne paraissait pas le destiner à cultiver les sciences. Pourtant, du côté maternel, l'esprit scientifique s'était précédemment manifesté chez son arrière-grand-père, le Dr Richerand, physiologiste estimé du début du XIXe siècle, et chez son grand-oncle, le mathématicien Cauchy. Ce double atavisme peut expliquer les incertitudes du début de sa carrière.

 

Il entreprit tout d'abord ses études de droit, comme on avait coutume de faire autour de lui. Licencié en 1882, il prêta serment d'avocat et, son service militaire accompli, il s'inscrivit au stage près la Cour d'appel de Paris. Pendant cinq années il en suivit les exercices. Tout en accomplissant avec ponctualité ses devoirs professionnels, il délaissait volontiers le Palais pour le Muséum ou la Sorbonne, plus passionné par les controverses sur les lois de là nature que par celles sur les lois civiles.

 

Orientation vers la botanique systématique.

Ayant, acquis en 1886 le grade de licencie es sciences naturelles, il s'orienta résolument dans. la voie scientifique dans les années qui suivirent. Ne songeant pas alors à se servir de la science à laquelle il se vouait pour obtenir une situation officielle, il se demanda, avant de prendre un parti définitif, où son action pourrait être plus utile.

 

La jeunesse de ce temps ne voyait guère des études botaniques que le côté anatomique. L'enseignement donné dans les Facultés des Sciences portait presque exclusivement sur les intéressantes données nouvellement acquises dans cette partie.

 

Il n'était fait qu'une part très restreinte à l'exposé des classifications, des méthodes servant à les établir et de leur usage pour la détermination des végétaux, objet principal de l'attention des savants pendant la première moitié du XIXe siècle.

 

M. Hua pensa devoir s'attacher de préférence à cette branche négligée de la science et se consacrer à son relèvement.

 

Il se mit à fréquenter le laboratoire de M. le professeur Bureau, au Muséum, où elle était l'objet principal des études. Il y trouva, sans parler de l'enseignement du chef de service, l'exemple et les conseils d'hommes tels que Bâillon et Franchet, maîtres incontestés en la matière.

 

Une fois au courant des méthodes pour étudier et mettre en< valeur les collections botaniques, il fut spécialement chargé par M. le professeur Bureau du classement et de l'étude de celles qui venaient de l'Afrique tropicale, auxquelles les récentes explorations de Brazza, de Thollon et de leurs continuateurs venaient d'ajouter de nombreux éléments nouveaux.

 

Rien que pour l'examen préliminaire de ces matériaux considérables et< pour le travail matériel exigé pour leur préparation et leur mise en ordre, il dut employer un temps considérable. Au cours de cette besogne d'ordre inférieur en apparence, mais si utile pour familiariser celui qui l'entreprend avec la physionomie générale d'une flore inconnue, il ne négligea pourtant pas de publier quelques-unes des observations originales que lui suggérait l'examen des échantillons, montrant ainsi qu'il voyait et savait faire ressortir l'intérêt scientifique susceptible de s'en dégager.

 

Rôle dans les services qui lui furent confiés.

L'intérêt que, pendant cette période de travail absolument libre, il marqua pour les collections du Muséum et pour le mouvement du laboratoire d'études annexé à l'herbier engagea son maître à utiliser pratiquement cette activité en le proposant à l'agrément de M. le Ministre de l'Instruction publique pour l'attacher au laboratoire des Hautes Études de sa chaire, d'abord comme préparateur en 1896, puis comme sous-directeur en 1900.

 

Dans l'enseignement de laboratoire qui lui fut confié il montra, avant toutes choses, le souci de faire comprendre aux élèves l'importance de l'étude de la systématique pour le progrès de toutes les branches de la botanique, et de leur donner les meilleurs principes immédiatement utilisables pour l'étude, la définition et la détermination des espèces.

 

Il peut légitimement espérer avoir eu sa part d'influence sur le relèvement d'intérêt qui se manifeste à l'heure actuelle en faveur des études de systématique.

 

Dans la direction des travailleurs venant consulter l'herbier, il a cherché à réformer l'usage ancien, très libéral mais peu profitable au bon renom de l'établissement, de ne demander aucun compte à ceux, très nombreux, qui profitent des richesses qu'il renferme.

 

Il demanda aux étrangers la publication dans des recueils français des travaux exécutés par eux sur les matériaux du Muséum. Il tenait ainsi à manifester l'action souvent méconnue de notre herbier national sur le mouvement scientifique contemporain.

 

La publication dans le Bulletin du Muséum, par M. Stapf, premier assistant à Kew, d'une liste de graminées de la Haute-Guinée dont les espèces nouvelles avaient été décrites dans le Journal de Botanique ; celle des fougères de la Chine par M. Christ, le spécialiste de Baie, et l'étude sur les Gagea de M. Terracciano, du jardin de Palerme, données aux mémoires de la Société botanique de France sont les manifestations récentes de cet usage nouveau introduit dans l'intérêt du bon renom du Muséum sous l'influence du sous-directeur du laboratoire des Hautes Etudes, avec la collaboration du personnel attaché au même service.

 

La formation des voyageurs botanistes qui se destinent à enrichir les collections fut aussi l'objet de ses soins particuliers.

 

Parmi les plus récentes collections faites plus spécialement suivant ses instructions, on peut citer celles de M. Bohnhofen Sibérie orientale (1898), de M. Le Testu au Dahomey (1901) et au Mozambique (1904-1905), de M. G. Vasse au Mozambique (1905), de M. Pobéguin en Guinée française (1900-1905), etc.

 

Ses études sur la floristique générale le firent appeler depuis 1902 à faire des conférences publiques soit pour l'enseignement colonial libre, organisé par M. Raphaël Blanchard, soit pour renseignement colonial donné au Muséum.

 

La végétation naturelle de la Tunisie, du Maroc, de l'Afrique tropicale dans son ensemble, de l'Indo-Chine fut ainsi étudiée par lui.

 

Action extérieure en vue du bon renom de la science française.

En dehors du laboratoire et de ses fonctions officielles, il a constamment cherché à aider dans tous les milieux et à encourager le développement de la science botanique. C'est dans ce but qu'il a adhéré à diverses Sociétés savantes de Paris, de province, ou internationales, parmi lesquelles nous citerons : la Société botanique de France, la Société philomatique de Paris, la Société nationale d'acclimatation, l’Association internationale des botanistes..., etc.

 

Il fut mêlé plus directement à la vie de la plupart de celles qui ont leur siège à Paris en faisant partie de leur Bureau ou de leur Conseil d'administration. Notamment il fut deux fois appelé à la vice-présidence de la Société botanique de France; la dernière fois, en 1905, dans des circonstances flatteuses pour lui et pour sa compétence spéciale, afin qu'il eût plus d'autorité comme représentant de la Société dans les débats sur la nomenclature qui devaient s'ouvrir au Congrès international tenu cette année à Vienne (Autriche).

 

En vue d'affirmer et, s'il était possible, d'augmenter vis-à-vis de l'étranger le bon renom de la botanique systématique française, il a joué un rôle actif dans l'organisation du Congrès international de Paris en 19055; puis dans la préparation de celui de Vienne en 1905, en prenant part aux travaux du Bureau de Paris, maintenu en fonctions pour assurer le lien entre les deux sessions.

 

Dans le même dessein, il fit partie de la réunion tenue à Genève en 1901 pour la constitution de l'Association internationale des botanistes et il s'honore d'avoir été choisi l'année suivante par les membres français de l'Association comme l'un des deux délégués auxquels ils ont droit auprès du Comité directeur.

 

Tout récemment, M. le Ministre de l'Instruction publique voulut bien encourager ses efforts persévérants dans ce sens en le déléguant, en compagnie de MM. le professeur Flahault, de l'Université de Montpellier, et le professeur Perrot, de l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris, auprès du Congrès de Vienne pour y représenter le Ministère de l'Instruction publique et y défendre les intérêts de la science française.

 

 

CONCLUSIONS

Par un souci constamment montré d'assurer, par son enseignement, par ses conversations, par ses relations et par ses travaux personnels, le relèvement des études de botanique systématique en France, par ses efforts en vue de mieux faire valoir les collections du Muséum par lui-même et par ceux qui le consultèrent pour la direction de leurs recherches, M. Henri Hua a conscience d'avoir accompli de son mieux la fonction qui était la sienne comme sous-directeur des recherches au Laboratoire des Hautes Études, annexé à l'Herbier du Muséum sous la direction de M. le professeur Bureau. Il n'a d’autre désir que d'être mis à même de développer son action dans e même sens à l'avenir, pour le bon renom de la maison à laquelle il s'honore d'avoir été attaché et de la science française en général.

 

 

 

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