Quéval : Etude chimique de Rauvolfias de Madagascar
Site créé le 24 octobre 2004 Modifié le 30 mai 2006
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Thèse présentée à la faculté des sciences de l’Université de Montpellier
pour obtenir le grade de Docteur de 3ème cycle
(Chimie organique)

par



Pierre QUEVAL

CONTRIBUTION A L'ETUDE CHIMIQUE DE RAUVOLFIAS DE MADAGASCAR



soutenue en octobre 1961

devant la commission d’examen :

M. Mousseron, président
R. Jacquier, H. Christol, examinateurs




INTRODUCTION


En 1950, SCHLITTER et ses coll. ont isolé et caractérisé, parmi les alcaloïdes de Rauvolfia serpentina Benth, un nouveau composé qu'ils ont appelé la réserpine.


Les propriétés hypotensives et surtout sédatives de ce nouvel alcaloïde ont suscité un très grand intérêt pour le genre Rauvolfia de la famille des Apocynacées.


En effet, depuis cette date la littérature s'est considérablement enrichie en publications concernant des travaux effectués sur ces plantes.


L'objet de ce travail est d'isoler et d'identifier les alcaloïdes constituant le mélange de bases faibles et moyennes, extraites des écorces de tronc de différentes espèces de Rauvolfias de Madagascar.


L'étude botanique de ces plantes, faites par R. PERNET a montré qu'il s'agissait des trois espèces botaniques suivantes :


- R. confertiflora, région d'Imamombo

- R. média région du Mandrare

- R. obtusiflora région de Morondova et Iles Nossibé


Ces trois espèces, connues sous le nom d'Hibaky et d'Hento sont utilisées, dans la médecine empirique locale comme canicide et éventuellement comme homicide.


A cette fin, les racines de ces plantes sont râpées et mélangées à la nourriture.


A notre connaissance, aucune étude chimique d'espèces malgaches n'a été publiée à ce jour.


Dans une première partie de ce travail, nous présenterons une revue succinte des Rauvolfias et de leurs alcaloïdes.


Dans une seconde partie, nous exposerons les méthodes générales utilisées pour l'extraction, la séparation, l'isolement et la purification des alcaloïdes des Rauvolfias déjà étudiés.


Enfin dans la dernière partie nous traiterons de l'application que nous avons faite de ces méthodes générales au R. média ou Hento qui nous a été soumis, ainsi que les modifications que nous avons apportées, dans ce cas particulier.



RESUME


A la fin de ce travail que nous venons de présenter nous ne saurons que souligner d'abord l'importance de la chromatographie sur papier dans l'étude des substances naturelles, en effet le principe essentiel est le plus souvent accompagné des nombreux métabolites qui l'ont précédé au cours de la biosynthèse.


Ces substances sent très voisines les unes des autres et il est très difficile de les séparer. La chromatographie sur papier, seule permet de les mettre en évidence.


C'est non seulement un moyen de contrôle dans les purifications mais également un moyen commode d'étudier les différentes fractions.


Nous avons vu dans une première partie, les différentes méthodes proposées dans la littérature pour l'étude des Rauvolfias. Celle que nous avons appliquée aux Rauvolfias de Madagascar, mise au point par KAISER et POPELACK nous a donné entière satisfaction et nous a permis l'étude des quelques quinze cents fractions que nous avons obtenues tant par chromatographie sur colonne que par fractionnement chimique.


Nous devons souligner l'apport inestimable de la chromatographie sur colonne dans ce travail d'isolement.


L'alumine ne nous a pas rendu les services qu'elle rend habituellement, à cause de la grande fragilité des constituants et de la grande quantité nécessaire dans ce cas particulier.


La silice s'est révélée comme un support de choix malgré ses inconvénients : lenteur de l'élution, grande difficulté d'obtenir une silice d'activité constante.


L'utilisation d'un éluant avec gradient de concentration nous a permis une bonne séparation également.


Etant donné la diversité de chaque espèce, quant à la qualité et la quantité des alcaloïdes, les méthodes de séparation rapportées par la littérature avec plus ou moins de précisions ne sont pas directement applicables à une espèce nouvelle.


Nous avons dû faire de nombreux essais avant de pouvoir isoler les quelques alcaloïdes que nous avons décrits au cours de ce travail.


L'isolement et l'identification se sont avérés rapidement délicats ; en effet seuls les alcaloïdes principaux sont en quantité appréciable.


Les substances obtenues sont sensibles à l'air et a la lumière.


L'obtention de faibles quantités de produit brut rend difficile une purification ultérieure et une identification précise.


La purification s'avérait d'autant plus délicate que de nouveaux alcaloïdes insoupçonnés nous sont apparus par concentration dans certaines fractions.


Au départ nous pensions nous trouver en présence d'un mélange de trois alcaloïdes ; actuellement nous sommes certains qu'il y en a au minimum 16.


Notre travail nous a permis de séparer et d'isoler les quatre alcaloïdes principaux. Trois sont identifiés avec certitude (tétraphylline, réserpiline, isoréserpiline) ; le quatrième, non identifié, a reçu le numéro de référence H IV.


D'autres alcaloïdes ont été décelés par chromatographie sur papier (ajmalicine, réserpinine, aricine et peut être la réserpine et la déserpidine).


Aucune recherche n'a été faite, à ce jour, sur les Rauvolfias de Madagascar.


Ces deux espèces insulaires se ressemblent beaucoup entre elles, du moins pour les constituants majeurs mais sont différentes des autres espèces étudiées par l'absence ou la présence à l'état de trace, de réserpine et par cette grande proportion de tétraphylline.


Ce travail constitue une ébauche de l'étude chimique de Rauvolfia média.


Une étude approfondie nécessiterait une très grosse quantité de drogue au départ pour permettre l'identification de chacun des constituants et de donner des pourcentages précis pour la proportion de chaque alcaloïde.


Les trop faibles quantités obtenues et les pertes inévitables au cours de purification et d'essais ne nous a pas permis de donner des chiffres précis.


Une étude quantitative devra donc s'ajouter à l'étude qualitative pour obtenir les proportions des alcaloïdes les uns par rapport aux autres mais également les variations saisonnières, notamment au cours du cycle de la plante.







MOTS CLEFS : alcaloïde / alumine / apocynacée / aricine / biosynthèse / chromatographie / colonne / concentration / constituant / déserpidine / drogue / étude / fraction / identification / isolement / isoréserpiline / madagascar / papier / plante / purification / qualitative / quantitative / rauvolfia / réserpine / séparation / serpentina / silice / tétraphylline






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